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achapté au port du Plessis Bryon M, près Com-piengne, environ huict jours devant Pasques, la ' quantité de deux ou trois milles sommes de bois de Jehan Dumay, marchant, demourant à Paris près S' Germain de l'Auxerrois, ce que led. Dumay, ad ce present, a aussy recongneu et confessé et dict que, parce qu'il y a assez de basteaulx pour faire venir led. bois, led. Troisrieulx a baillé à ung nommé Pierre Lestourneau, voicturier par eaue, led. boys pour faire admener en ceste Ville aud. Troisrieulx, et n'avoit encores entendu l'arrest de la Court, par lequel est deffendu de ce faire. Avons ordonné que, actendu l'arrest de lad. Court, par lequel est deffendu à tous marchans de achepler bois en chemin, ne aller au devant des marchandises, que led. boys sera mené au port de l'Escolle S' Germain, ou de Bourbon, où il sera delivré au commung peuple la
DE PARIS.                                                   419
moictié dud. basteau et l'aultre moictié aud. Trois­rieulx, sauf à luy en bailler cy après plus grande quantité, quant il en arrivera aud. port. Et avons faict deffences aud. Dumay de plus faire telz mar­chez, sur peine de confisquation de son bois, et pour avoir contrevenu aud. arrest, l'avons condemné en huict solz parisis pour le sallaire des sergens.
Ced. jour, a esté actaint de sa prison Jacques Mars, lequel a passé condemnation avecq Margue­ritte Chevalier, sa femme, de paier à Nicolas Bor­dier, marchant de vins, la somme de unze livres tournois, à luy deue de reste de la vente de trois muis de vin, pour lesquelz il a esté emprisonné, et ce à paier icelle somme ung escu sol par chacun mois, àquoy faire seront led. Mars et sad. femme contrainctz par emprisonnement de leurs personnes.
DCXIV. — Advertissement d'ung sinode à La Ferté soubz Jouerre.
io mai i564. (H 1784, fol. 239 v".)
Du mercredi, xe jour de May 1564.
Au jour d'huy, au Bureau de la ville de Paris, après que Messieurs les Prevost des Marchans et Eschevins ont estez advertis que à La Ferté soubz Jouerre auroit esté ung sinode <2) par plusieurs mi­nistres, auquel ilz auroient traicté de plusieurs choses contre l'honneur de Dieu, auclorité du Roy et repos publiq, mesmemenl qu'ilz entendoient faire levée el assemblée de plusieurs gens de cheval au
païs de Picquardie'3' et es environs de ceste Ville, qui ne povoit tourner que au dommaige publiq, aussi l'on auroit mandé et voullu praticquer aul­cuns gentilzhommes grandz seigneurs, pour se trou­ver ausd, assemblées et levée de gens de cheval; et d'aultant que, pour l'absence du Roy qui est pour le present eslongné d'icelle Ville et païs de Picquar-die(4), si telles choses entreprises estoient vrais, por­teroit grand dommaige à tout le païs, et trouble-
O Le Plessis-Brion, Oise, arrondissement de Compiègne, canton de Ribecourt.
(2)   Le synode en question s'était tenu à la Ferté-sous-Jouarre, les 27, 28, 29 et 3o avril, d'après les dépêches anglaises et le journal de Bruslard, analysés par M. de la Ferrière. (Lettres de Catherine de Médicis, t. II, p. 179; ^e XV!' s'ec^e et --- Valois, p. 179.) Quarante-cinq ou quarante-six ministres des trois provinces de Brie, Champagne el Picardie y assistèrent sous la présidence de Chan­dieu et se signalèrent par la violence de leur langage. Après lecture d'une lettre de Théodore de Bèze, deux d'entre eux, Laroche et Capelle, dirent que ies églises réformées n'auraient jamais de repos pendant que la Reine gouvernerait, et Perussel, ministre attaché à la personne de Louis de Bourbon, ajouta que "la Royne avoit escript à l'amiral lettres rudes et estranges-, où elle prétendait que "ceulx de la religion reformée se délibéraient de recommencer les troubles du temps passé». En effet, dans sa lettre du 17 avril, Catherine de Médicis manifestait à Coligny tout son mécontentement au sujet des faux bruits que l'on faisait courir et de l'intention qu'on lui prêtait ainsi qu'au Roi "de rompre et révocquer l'edict de pacification». (Lettres de Catherine de Médicis, t. II, p. 177.) Suivant plusieurs ministres, Chandieu, Bernardin et autres, le synode réuni sous les auspices de la princesse de Condé n'avait eu pour but que de renforcer la discipline pour prévenir les hérésies. Claude Haton rapporte au sujet de cette assemblée dans ses Mémoires (t. I, p. 384) que les.huguenots "travaillèrent une sepmaine entiere à disputer de leur religion pour tascher à accorder leur opinion». Le Parlement fut saisi de cette affaire, le i3 mai, et, en présence du maréchal de Montmorency, qui offrit de "bailler force et d'aller en personne à La Ferté soubz Jouaire et es environs à ceulx qui seront deputez pour informer sur ce pretendu sy­node», il délégua à cet effet deux conseillers, Jacques de Varade et François Thomas. (Archives nationales, Parlement de Paris, X" 1609, W- -39 r°-)
(3)   D'après une relation de ce qui s'est traité au synode provincial de la Ferté-sous-Jouarre, insérée dans les Papiers d'Etat du cardinal de Granvelle (t. VII, p. 528-53i) : -le jour de la Pentecoste, se devoit faire à Crépis en Valois une assemblée bien de cinq cens chevaulx, sous coulleur dc prêches, et il serait bon de se donner de garde des frontieres de Picardie».
(4)   Charles IX était à Bar-le-Duc depuis le 1" mai; il quitta celte ville, le 12 mai, et arriva à Langres le i5 mai.
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